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Édito décembre 2006
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En publiant mon essai Un objet culturel non identifié quelques semaines avant le festival d’Angoulême, j’espérais - j’espère encore - provoquer au moins quelques débats dans la profession sur certains des points discutés dans le livre, touchant au statut culturel de la bande dessinée, au traitement du neuvième art par l’Etat, l’université ou la presse, à son inscription dans la culture du divertissement aujourd’hui dominante, aux pratiques des grandes maisons d’édition enfin. La presque totalité des rares comptes rendus parus à ce jour dans la presse sont le fait de journalistes qui n’ont pas lu le livre et se sont contentés de recopier le prière d’insérer. Mais plus d’un lecteur attentif et averti m’a fait connaître directement son sentiment. Il en ressort que l’on me trouve souvent exagérément pessimiste ; je verrais le verre de la légitimité culturelle à moitié vide quand il serait, en réalité, à moitié plein. Et puis, me dit-on encore, à quoi bon se lamenter de la médiocrité de la production courante de bandes dessinées ? N’est-elle pas identique à celle que l’on observe dans les autres domaines de la création ? Peut-être. Je n’en sais rien. En ce domaine il faut se méfier des fausses évidences et des opinions toutes faits (Tardi décrétant naguère que « 99 % des bandes dessinées ne valent rien »). On ne voit pas comment la proportion de médiocrité dans une discipline donnée (le cinéma, la littérature, le spectacle vivant) pourrait être mesurée scientifiquement, et comparée. Je retiens en tout cas que ceux qui me font cette observation sont au moins aussi pessimistes que moi, puisqu’ils voient le visage hideux de la médiocrité partout. D’autre part, il m’apparaît que la réputation de la littérature ou du cinéma ne pâtit guère de ce qu’ils ne produisent qu’un petit nombre de chefs-d’œuvre. Tandis que la bande dessinée reste, dans l’esprit du grand public, souvent confondue avec ses productions les plus triviales, comme si elles l’incarnaient essentiellement, comme si elles disaient la vérité sur l’art qu’elles prétendent représenter. C’est cette différence de perception que j’ai cherché à interroger dans mon livre. En conclusion, je dirai un mot de l’article signé par Didier Pasamonik dans le numéro de décembre de Suprême Dimension, le magazine des éditions Soleil. Article qui énonce avec aplomb beaucoup de sottises. Pour ce qui concerne le passage consacré à l’O.C.N.I., j’observe que le journaliste semble n’en avoir retenu qu’un passage, celui où je mettais en cause le magazine qui l’emploie, et en donne ainsi une idée aussi réductrice que fallacieuse. Il cherche à défendre les intérêts de son employeur en me ridiculisant par l’extraction d’une phrase de son contexte, seconde opération malhonnête qui, de fait, la rend stupide et incompréhensible. Sa conclusion est que l’An 2 défend (avec d’autres, et notamment l’Association, bête noire du chroniqueur) une bande dessinée du passé, et le corollaire implicite de cette conclusion est que Soleil en incarne, au contraire, l’avenir radieux. Une telle posture, sous la plume de celui qui, du temps où il dirigeait les éditions Magic Strip, défendait lui-même une certaine édition alternative (c’était en un autre millénaire), ne mérite pas qu’on y consacre d’autre commentaire. |
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