Au cinéma, on appelle cela un « biopic » (biographical picture). Les films retraçant la vie de personnages ayant existé sont à la mode depuis une bonne vingtaine d’années, et sont souvent l’occasion de performances d’acteur remarquables et remarquées.
À son tour, la bande dessinée est de plus en plus inspirée par l’évocation des destins exceptionnels. Depuis le début de cette année, des albums ont notamment été consacrés au sculpteur Bourdelle, à l’architecte Le Corbusier, au peintre Hokusai. La nouvelle collection « Sorcières », chez Dupuis, ressuscite des femmes qui ont marqué l’histoire, d’Hypathie à Jeanne d’Arc. Même les tueurs en série reviennent nous hanter : après le « Vampire de Düsseldorf », ressuscité par Jeanne Puchol et Rodolphe chez Casterman, nous avons nous-même remis en lumière « l’Ange de Brême », à travers L’Empoisonneuse, récit d’une rare puissance signé Peer Meter et Barbara Yelin. La presse très élogieuse qui a salué cet ouvrage a bien compris que l’histoire individuelle était prétexte à évoquer les mœurs, les préjugés, les conceptions d’une société révolue.
Le hasard des projets en cours d’élaboration fait que nous n’allons pas en rester là. Lucie Lomova (Anna en cavale) évoquera bientôt pour nous l’ethnographe et botaniste tchèque Alberto Vojtech Fric. D’autres albums à venir en 2011 seront centrés sur une grande dame méconnue et sur un méchant homme tristement célèbre, français l’un et l’autre. Chut... on vous laisse deviner...